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Julieta


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*Synopsis/présentation

Après quelques films moins marquants Los abrazos rotos (2009) et La piel que habito (2011)) et une comédie absurde et complètement oubliable (Los amantes pasajeros (2013)), Pedro Almodovar revient avec une œuvre que l’on annonçait comme un retour aux sources, un drame au féminin réactualisant l’approche si caractéristique du réalisateur espagnol. Sélectionné en Compétition officielle au plus récent Festival de Cannes, Julieta incarne à la fois ce désir de renouveau tout en demeurant bien ancré dans l’univers du cinéaste. L’entrée en matière est particulièrement intrigante : Julieta, sur le point de partir au Portugal avec son amant Lorenzo, croise dans les rues de Madrid la meilleure amie d’enfance d’Antia, sa fille qu’elle n’a pas revue depuis plusieurs années. Cette dernière serait mère de trois enfants et habiterait en Suisse. Mais pourquoi ce silence radio ? Que s’est-il passé autrefois pour que les deux femmes ne soient plus en contact ? Julieta refusera de partir avec Lorenzo et retournera dans l’appartement où elle a élevé sa fille. À partir de ce moment, le long métrage redevient jusqu’à la toute fin, ou presque, un film portant la marque de son réalisateur. Le prétexte du journal intime où Julieta écrit à sa fille disparue devient le moteur du récit et la porte d’entrée vers le retour en arrière. Ce passé, qui hante les plus récentes œuvres du cinéaste, est la source du conflit du personnage principal. C’est en y replongeant que Julieta pourra expier ses fautes et espérer préciser les origines de cette histoire. Moins éclatée et moins puissante que dans La mala education, cette structure permet néanmoins d’offrir un portrait nuancé et fin d’un protagoniste féminin troublé et déchiré dont seul Almodovar semble être capable de transposer l’âme à l’écran. Son amour pour les actrices se perpétue ici à travers deux nouveaux visages, ceux de Emma Suarez et Adriana Ugarte, qui s’intègrent à la perfection à l’univers du cinéaste représenté ici par la présence plus familière de Rossy de Palma (La ley del deseo et Mujeros al borde de un ataque de nervios). D’un côté, on saluera le travail visuel toujours époustouflant du réalisateur espagnol où sa signature sur la couleur et le cadrage transparaît dans chacune des scènes et de l’autre, on lui reprochera un ultime coup de théâtre trop hasardeux qui permet de réunir la mère et la fille. Par contre, on soulignera un étonnant désir de maintenir une ambiguïté quant à l’issue de leurs retrouvailles et une conclusion ouverte.

*Image

L’image est offerte au format respecté de 1:85:1 d’après une résolution de 1080p. Sans surprise, c’est un transfert qui permet de faire rayonner le travail de Pedro Almodovar sur la couleur qui est offert par Sony. Pleinement saturées et précises, les couleurs font preuve d’un rendu qui se démarque par la finesse et la justesse. Les tons de rouges plus particulièrement n’auront jamais paru aussi riches. Les détails et textures sont reproduits avec autant de précision alors que les contrastes sont parfaitement gérés. Quant aux parties sombres, elles sont superbement reproduites grâce à des noirs purs et intenses ainsi qu’à des dégradés d’une fluidité exemplaire. À noter qu’aucun défaut majeur n’entache la partie numérique du transfert.

*Son

Seul le mixage DTS-HD Master Audio en version originale espagnole est offert. Drame intimiste l’oblige presque, l’univers sonore se déploie ici particulièrement en retrait. La grande majorité des éléments sonores profite d’ouvertures frontale et latérale claire et précise où chaque son est perceptible. En revanche, les enceintes arrière appuyant les ambiances se révèlent assez discrètes. Les effets d’ambiophonie sont ainsi plutôt subtils, mais créent une agréable profondeur à l’ensemble. Naturellement, les dialogues demeurent constamment et parfaitement intelligibles alors que la trame sonore s’intègre superbement au mixage. Les basses fréquences grondent lors de quelques occasions, notamment lors d’un violent orage, avec la profondeur adéquate. Par contre, la sollicitation des extrêmes graves est complètement négligeable. Il y a option de sous-titrage en anglais et en français.

*Suppléments

Sur cette édition se trouve « Portrait of Julieta (8:51) » un documentaire qui explore brièvement les thèmes et les enjeux du film. On s’attarde aussi aux intentions originales. « Celebrating Director Pablo Almodovar (8:15) » jette un regard sur la rétrospective de l’œuvre d’Almodovar faite par le MoMA. Les entrevues sont majoritairement composées de commentaires recueillis sur le tapis rouge. Heureusement, Almodovar s’adresse au public lors d’une projection de Julieta. La bande-annonce du film complète cette section.



*Conclusion

Portant bel et bien la marque de son réalisateur, Julieta est un retour aux sources pour Pedro Almodovar. Après le très moyen Los amantes pasajeros, le réalisateur espagnol revient à ce qui a assuré sa notoriété : le drame au féminin. Malgré les nouveaux visages qui apportent un véritable vent de fraîcheur, il est difficile de chasser l’impression de familiarité du long métrage. C’est pourtant ce que devrait plaire et satisfaire les plus grands amateurs du cinéaste ! L’édition est techniquement très solide. Si le mixage DTS-HD se révèle discret, il répond néanmoins fidèlement à l’univers sonore du film. Le transfert vidéo est en revanche vibrant et riche, à l’image de la palette développée par Almodovar. Quant aux suppléments, ils sont informatifs et relativement intéressants. À savourer pour les mordus!

*Note:

Qualité vidéo: 4,7/5
Qualité audio: 4,2/5
Suppléments: 3,0/5
Rapport qualité/prix: 3,7/5
Note finale: 3,9/5


*spécifications :


Studio/Editeur Sony Pictures Home Entertainment
Année 2016
Genre Drame
Réalisateur Pedro Almodóvar
Acteurs Emma Suarez, Adriana Ugarte
Nombre de disque 1 BD-50
Durée 99 mins
Format d'image 1.85:1
Transfert 16/9 -
THX
Bande(s)-son Espagnole DTS HD Master Audio 5.1
Sous-titre Anglais, Français
Suppléments Documentaires (2), bande-annonce
Date de parution 2017-03-21
Auteur de la critique Frédéric Bouchard




Mise à jour : 22/10/2017
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