DVDEF

Elle


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*Synopsis/présentation

Après un accueil assez dithyrambique lors du Festival de Cannes de 2016, Elle s’est rapidement imposé comme le grand retour du réalisateur Paul Verhoeven. Si ses derniers longs métrages se sont révélés plutôt oubliables sans être complètement ratés, le tout dernier film du néerlandais marque non seulement sa filmographie, mais aussi l’année cinématographique 2016 grâce à un puissant et déroutant récit qui a causé une véritable controverse. Injustement réduit au film de «la femme qui se fait violer et qui aime ça », le film de Verhoeven raconte le parcours de Michelle, une directrice de compagnie de jeux vidéo, qui se fait agresser sexuellement par un inconnu qui pénètre dans sa maison. Plutôt que d’alerter les autorités, Michelle choisit de passer à autre chose. Mais discrètement, elle se montre plus méfiante, particulièrement envers ses jeunes collègues. Dès les premières minutes, Elle plonge le spectateur dans le drame de son héroïne. Le scénario labyrinthique de David Burke, adapté du roman Oh ! de Philippe Dijean réussit l’exploit de créer un personnage riche et complexe en quelques minutes. En effet, à la suite du premier tiers, nous sommes familiers avec l’environnement familial de Michelle, son travail, ses relations ainsi que son troublant passé avec son père meurtrier. Ce n’est que lorsque l’identité de l’agresseur est révélée (assez rapidement d’ailleurs) que le long métrage baigne dans des eaux ambiguës. Il serait pourtant très naïf de croire à la simple constatation que Michelle prend son pied devant la simple idée d’une récidive de la part du criminel puisque lentement, c’est le jeu de pouvoir entre la victime et l’oppresseur qui est complètement renversé. Des indices parsemés tout au long du film (la nature de son divorce, par exemple) indiquent que Michelle demeure maîtresse de son destin. Les moyens qu’elles empruntent pour y parvenir peuvent certes être pervers, provocateurs et complètement inquiétants, mais ils prouvent néanmoins son infatigable force de caractère. Que Verhoeven ait choisi de s’effacer derrière le texte de Burke et de subvertir le récit en favorisant la comédie prouve l’audace du cinéaste, mais également son désir de défier le spectateur au même titre que Michelle déstabilise son assaillant. Loin d’opter pour un ton burlesque, le réalisateur se frotte plutôt à un humour très grinçant et particulièrement noir. Une séquence de repas de Noël entre Michelle, sa famille, ses amis et ses voisins s’impose comme un moment d’anthologie où notamment les malaises s’accumulent et un délicieux renversement des rôles sexuels est critiqué. Mais évidemment, Elle ne serait rien sans la présence impériale d’Isabelle Huppert. Son jeu, en apparence glacial et imperturbable, fait naître une femme bouleversée par un drame du passé et qui refuse qu’une tragédie du présent la définisse. Bien sûr, à travers ce conflit, le long métrage joue avec l’ambivalence des motivations de Michelle. Son parcours, loin d’être habituel, pourrait attiser la foudre de certains et susciter la fascination chez d’autres. Il n’en demeure pas moins que cette Elle est un extraordinaire personnage, une femme unique et absolument inoubliable.

*Image

L’image est offerte au format respecté de 2.40:1 à une résolution de 1080p. Le film ayant été tourné en numérique, l’image affiche une très bonne qualité. L’aspect «terne» de l’image se justifie ici par des volontés du réalisateur Paul Verhoeven et non pas par un défaut du transfert. En revanche, les détails et les textures sont reproduits fidèlement alors que le rendu des couleurs est juste et précis. Quant aux contrastes, ils sont parfaitement gérés évitant tout effet de surbrillance. Du côté des parties sombres, elles sont reproduites avec finesse grâce à des noirs purs et intenses et à des dégradés fluides et précis. En ce qui concerne la partie numérique, le transfert se sauve de tout défaut majeur apparent.

*Son

Une bande-son au format DTS-HD Master Audio 5.1 en version originale française est disponible. Un mixage hongrois en format Dolby Digital 5.1 est aussi offert. Comme l’univers sonore évolue très en retrait, c’est un mixage très subtil que Sony propose ici. Étonnamment, malgré les ouvertures frontale et latérale qui demeurent claires et précises, les enceintes arrière se révèlent plutôt discrètes, laissant deviner une discrète ambiance. Les quelques scènes à l'extérieur où les rumeurs de ville se font entendre permettent d'apporter un profondeur certaine à l'ensemble. En revanche, les dialogues constamment et parfaitement intelligibles alors que la trame sonore s’intègre parfaitement au mixage. Les basses fréquences s’activent lors de la deuxième partie avec la profondeur appropriée (une séquence d’orage, par exemple) tandis que l’utilisation du canal d’extrêmes graves demeure négligeable. Il y a option de sous-titrage en anglais, bulgare, chinois, croate, en tchèque, danois, finlandais, français, hongrois, islandais, coréen, norvégien, polonais, portugais, roumain, serbe, slovaque, espagnol, suédois et en thaïlandais.

*Suppléments

«A Tale of Empowerment : The Making of Elle (7:15)» est un documentaire où plusieurs interventions, du réalisateur Paul Verhoeven notamment, permettent de préciser ses intentions, le personnage ainsi que la structure du récit. Une fascinante discussion se trouve sous «Celebrating an Icon : AFI’s Tribute to Isabelle Huppert (36:39)». Stephen Galloway du Hollywood Reporter s’entretient avec l’actrice française à propos de sa carrière et de son travail. Même si elle se retrouve parfois limitée par la langue de Shakespeare, les interventions d’Isabelle Huppert sont extrêmement intéressantes. La bande-annonce officielle du film complète cette section. (2:09)



*Conclusion

Malheureusement mal interprété, Elle demeure un long métrage loin d’être consensuel, mais franchement captivant. Dans le paysage cinématographique, il est toujours intéressant pour le cinéphile d’être déstabilisé et remué. Le plus récent film de Paul Verhoeven réussit ce pari en plus de proposer le portrait d’un personnage atypique et provocateur, interprété à la perfection par une Isabelle Huppert en complète maîtrise de ses moyens. L’édition que Sony propose sert adéquatement le film présenté. Le transfert vidéo reproduit avec fidélité l’image «sans éclat» captée par le cinéaste néerlandaise et le mixage DTS-HD demeure très subtil en raison de l’univers sonore assez en retrait. De plus, on peut admirer les quelques segments qui permettent de pénétrer dans l’univers du film et surtout, dans celui d’une des actrices les plus pertinentes du moment, la grande Isabelle Huppert.

*Note:

Qualité vidéo: 4,1/5
Qualité audio: 3,9/5
Suppléments: 3,5/5
Rapport qualité/prix: 3,5/5
Note finale: 3,7/5


*spécifications :


Studio/Editeur Sony Pictures Home Entertainment
Année 2016
Genre Drame
Réalisateur Paul Verhoeven
Acteurs Isabelle Huppert, Laurent Lafitte, Anne Consigny, Charles Berling, Virginie Efira
Nombre de disque 1 BD-50
Durée 131 mins
Format d'image 2.40:1
Transfert 16/9 -
THX
Bande(s)-son Française DTS HD Master Audio 5.1, Hongroise Dolby Digital 5.1
Sous-titre Anglais, Français, Espagnol, Chinois, Portugais, Coréen, Thailandais
Suppléments Documentaire, segment, bande-annonce
Date de parution 2017-03-14
Auteur de la critique Frédéric Bouchard




Mise à jour : 18/12/2017
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